WP4 - Course contre la montre


En route vers les ruines des Gardiens

Encore une conférence. Une fois de plus, vous vous rendez à bord du Phileas Fogg pour écouter Levanetti et son jargon scientifique. Quand vous pénétrez dans la pièce, vous constatez que malgré les péripéties de la semaine, la motivation du groupe de recherche semble intacte. Dans une ambiance fatiguée mais tout de même joyeuse, les pilotes s'interpellent pour se vanter de leurs exploits lors de la collecte des matériaux ou de leurs découvertes extraordinaires dans la région.

Roach réclame le silence, puis Levanetti prend la parole.

– Merci d'être encore une fois présent en nombre. J'ai terminé l'analyse de premier niveau des codex gardiens. Tout semble conforme : l'interprétation que Zoma a faite de ces codex est correcte. Le design du propulseur est en phase avec les conclusions que nous en avons tirées.

Petra marque une pause. Elle allume le projecteur holographique et les symboles gardiens se mettent à flotter à sa droite. Son regard parcourt l'assemblée dans un mouvement de tête circulaire, puis elle tend la main vers les symboles et reprend, un léger sourire sur les lèvres :

– Mais il manque visiblement une partie des données. Il n'y a aucune allusion à ce trou dans les codex parmi les notes de Zoma, cependant je peux vous dire avec certitude que le moyen de neutraliser le réacteur est décrit par ces données manquantes.

L'espoir d'arriver enfin au bout de cette aventure agite l'attroupement des pilotes. Les murmures s'intensifient, puis un gars à côté de vous demande d'une voix forte :

– Et vous êtes sûre qu'on va trouver ces informations sur les ruines de NGC 3199 ?

– Oui ! s'écrie Petra. Quel que soit l'endroit dans la galaxie, les obélisques contiennent l'ensemble des connaissances des Gardiens. Le logiciel que je vous ai fourni la semaine dernière isolera les symboles manquants et nous donnera leur signification selon l'algorithme de traduction de Ram Tah.

– Pourquoi Zoma aurait-il choisi d'ignorer ces données ? s'interroge un autre pilote.

– Je ne sais pas. Peut-être le contexte où elles auraient dû apparaître dans les codex n'a pas semblé important pour le professeur…

– Et comment on récupère ces données ?

Levine s'avance et prend la parole à son tour :

– Il suffit de scanner des obélisques.

– Vous voulez dire, s'exclame le gars à côté de vous, qu'on scanne au petit bonheur la chance ?! Pas de pattern ? Pas de logique ?

– Malheureusement, non, annonce Levanetti. Zoma a collecté seul les données gardiennes et il n'a pas documenté comment il a fait.

La scientifique ajoute :

– Le logiciel triera les données automatiquement. Scannez… et à un moment ou un autre, vous finirez bien par tomber sur les symboles manquants…

Dans votre esprit se met à flotter le souvenir de vos visites sur les sites des Gardiens. Des planètes poussiéreuses et hostiles. Des structures minérales à moitié défoncées, vieilles de plusieurs centaines de milliers d'années et qui constituaient les espaces de stockage d'un gigantesque réseau informatique à l'échelle galactique. Seules quelques obélisques conservent encore suffisamment d'énergie pour s'activer quand on s'approche d'elles et livrer des blocs de données brutes. Grâce aux recherches de Ram Tah, l'humanité a pu comprendre quelques miettes de cet immense savoir en ruine et intégrer des technologies gardiennes dans ses propres machines.

Le brouhaha des pilotes qui sortent de la salle de conférence vous extirpe de vos rêveries. Une excursion sur les ruines gardiennes vous apparaît finalement comme une perspective plutôt plaisante.